Trois jours. Dix-sept pilotes. Une équipe. Et un terrain de jeu grandeur nature entre Clermont-Ferrand et Millau.
Ce Week-end Entraînement à la Performance (WEP) des équipes Espoirs distance des ligues PIDF et Normandie a tenu toutes ses promesses : de l’engagement, de l’apprentissage, de la stratégie… et surtout une aventure humaine forte, portée par l’énergie du groupe et l’encadrement de José, notre entraîneur, et Sophie, notre capitaine.

Jour 1 – Apprivoiser le Puy de Dôme
Le week-end débute au Puy de Dôme, dans une ambiance encore incertaine. Le matin est bâché, mais rapidement le voile se déchire et laisse place à des conditions exploitables. Le décor est planté.

Attente au funiculaire du Puy de Dôme Les 1ers vols, c'est un peu mou !
Premier briefing, premières stratégies… et premiers décollages en début d’après-midi.
Mais la journée est exigeante. Un coup de mou général met rapidement une partie du groupe à terre. Certains tentent, d’autres persistent. Thierry fait parler sa patience, Sébastien s’accroche en altitude, tandis que plusieurs pilotes (Simon, José, Jérôme, Pat) explorent vers le sud sans réelle réussite.
Puis viennent les ajustements, les redécollages, les nouvelles options. Petit à petit, chacun affine sa lecture de la masse d’air et évolue plutôt au nord de la chaîne des Puys.

Direction le Nord
C’est finalement une navigation fine et opportuniste qui permet de tirer son épingle du jeu : en s’appuyant sur les nuelles et les faibles indices, une transition vers le massif du Sancy devient possible. Le vol s’étire, se construit… jusqu’à une belle boucle d’environ 70 km réalisée par Michel.
Une première journée exigeante, formatrice, où l’on apprend déjà que la performance passe par l’adaptation.

Le Sancy enneigé
Jour 2 – L’engagement depuis la Puncho
Changement de décor : direction Millau et le site de la Puncho d’Agast.
Le ton est donné dès le briefing : sécurité, plateaux isolés, cheminements complexes… et un ciel potentiellement très instable au nord. Une journée qui impose rigueur et lucidité.

Briefing au camion...

...puis au déco
Attente à l'ombre, il fait chaud !!!
L’extraction se fait par petits groupes, les ascendances sont puissantes. Très vite, les trajectoires se dessinent, chacun avec son plan, son rythme, ses choix.
Les Causses se traversent, les options se multiplient : allers-retours depuis Millau, circuits élargis dans la vallée, et quelques tentatives ambitieuses vers le nord. Les groupes se forment, se défont, se recomposent au fil des décisions.

Pour les pilotes qui tentent le nord (Michel, Nicolas, Simon, Alexandre en guest star…), la progression devient tactique. Il faut composer avec les gorges, les zones réglementées, les développements nuageux. Parfois contourner, parfois oser, parfois ralentir pour mieux repartir. Ce parcours offre de magnifiques perspectives, mais impose vigilance et engagement. Les conditions montent d’un cran : vent soutenu, parfois même du grésil, atterrissages techniques…

Une journée dense, intense, où chacun repousse ses limites tout en restant connecté à l’essentiel : voler juste.

Les deux compères en recherche d'un site pour le lendemain.... Trouvé !
Jour 3 – Le grand bleu de Job
Dernier jour, nouveau site pour beaucoup : le Mont Chouvé, au-dessus de Job.

Le ciel est limpide, les plafonds annoncés sont généreux. Mais le défi est ailleurs : aérologie technique, thermiques hachés, vents de directions différentes selon les couches.
Le plan est simple : exploiter la crête, construire un aller-retour, et revenir poser ensemble.
Sur le terrain, chacun explore. Certains décalent jusqu’à Pierre-sur-Haute, d’autres suivent les reliefs, d’autres encore travaillent la crête principale.
Les conditions demandent finesse et persévérance. Les ascendances sont moins évidentes, le vent perturbe les trajectoires. Les posés s’égrènent le long de la vallée, rappelant que dans le “grand bleu”, rien n’est acquis.
Mais l’essentiel est là : engagement, analyse, progression.
Une équipe en mouvement
Au-delà des kilomètres parcourus, ce WEP aura surtout été une expérience collective forte.
Apprendre à décider, à renoncer, à repartir. Observer les autres, partager les analyses, confronter les stratégies. Se soutenir, aussi, dans les moments plus complexes.
Encadrés avec exigence et bienveillance, les pilotes ont franchi un cap. Individuellement, mais surtout collectivement.
Trois jours pour progresser. Trois jours pour rappeler pourquoi le vol de distance est avant tout une aventure humaine.
Et ce n’est que le début de l’année.

Equipe normande

Equipe parisienne
Encore et toujours merci à la ligue PIDF qui nous soutient dans nos belles aventures.
Ecrit par Michel Levisse